11
Déc
2020

LL Awards

Les LL Awards, ben oui, pourquoi pas ?
Un post un peu plus léger que d’habitude, histoire de se changer un peu les idées.

C’est un tout petit top 3 de jeux (dont un qui a été traité ici), faciles à faire pour n’importe qui, et qui devraient passer sur presque n’importe quelle machine (PC en tout cas).

Certes, aucun n’est techniquement sorti cette année, mais qu’importe !

Un petit résumé descriptif accompagne chaque jeu, mais il est garanti sans spoiler.

Évidemment, cette liste étant avant tout personnelle, l’appréciation d’un titre reste, au final, l’affaire de chacune et chacun.

Nb: Il y a des liens vers une boutique (Steam) mais rien n’est sponsorisé ici. Il n’y a pas non plus de commission ou publicité déguisée, la plateforme ne permet rien de tout cela de toute manière.

C’est juste une liste personnelle, et les liens sont juste là pour vous faciliter la tâche.

Pour les personnes qui ne le sauraient pas, Steam est un peu le magasin (officiel) où l’on trouve la plupart des jeux en dématérialisé.
Ça va faire très “marchand”, mais sachez que des promotions y tournent régulièrement, de multiples fois pendant l’année.

Pour les petites bourses, et avec un peu de chance, il n’y a pas forcément besoin de payer plein pot !

Article de décembre 2020, màj en janvier 2021

Crédits image originale

The House in Fata Morgana

Voir sa page Steam

(Cover Art du jeu.. On va dire que c’est fair use.)

LA révélation, découverte cette année à titre personnel !
Probablement une exception dans la sphère vidéoludique.

Pour les personnes qui découvriraient le genre, The House in Fata Morgana est un visual novel, càd un “roman visuel” mais il y a énormément à lire.
C’est le cœur du jeu, les illustrations sont un complément pour mieux s’imager les choses.

Je reviens d’une session où j’ai littéralement dévoré le titre en quelques jours seulement; et ce malgré sa longueur excessive: plus de 30h en vitesse moyenne !

(Nb: Il faudra aussi supporter quelques répétions dans le discours.)


Étant donné sa nature, THiFM est un jeu accessible au plus grand nombre, car il n’y a que très peu d’interaction.
Quelques clics et choix à faire ici et là, rien de bien méchant. Le reste est constitué de lecture.

Le jeu original (à ne pas confondre avec une suite qui porte le sous-titre supplémentaire “Requiem for Innocence“) a profité d’une version française, un autre bon point bienvenu.

Au sujet des thèmes abordés, on pourra dire que pour jouer à THiFM, il faudra accepter d’aller voir cette part de notre nature pas toujours très reluisante…

Mais – un grand mais justifié ici – ce n’est pas un jeu qui veut vous engouffrer dans une spirale de noirceur, non. En tout cas, je ne l’ai pas perçu ainsi.

Et à mille lieux d’autres grands titres, dont le discours est symptomatique de notre société en décadence, on a droit ici à quelque chose d’autrement plus authentique, vraiment.

C’est très difficile à dire sans gâcher l’histoire, mais dans THiFM, ces situations difficiles ont un sens, elles sont présentées à nous pour nous permettre justement de les voir en nous-mêmes.
Et que dire, lorsqu’on atteint les derniers segments du jeu…

A noter qu’il y a quelque chose de Féminin dans l’approche, car oui: THiFM est un jeu dans lequel on libère énormément de larmes.
(Vocabulaire soigneusement choisi !)

Malgré les tragédies, l’écriture a ce pouvoir cathartique, insoupçonné au départ.
(Ça dépendra aussi de votre sensibilité et du rapport que vous avez avec les évènements.)

Il y a également quelque chose qui tient de l’archétype dans les rôles et les situations, et même des thèmes rarement dépeints et qui mériteraient pourtant une attention toute particulière…

Pour finir, le tout est emporté par la bande-son, unique en son genre.
Assez indescriptible tellement elle ne tient pas de l’ordinaire.

Une certaine variété est présente pour répondre aux différents types de situation, même s’il est vrai qu’une certaine place est réservée aux pistes plus “mélancoliques”.

En tout cas, j’aurai bien envie de dire que la musique du jeu a été fortement bien inspirée, si vous voyez ce que je veux dire…

Certaines pistes sont d’une pureté juste incroyable, mais ce n’est pas un blanc “immaculé”, c’est un blanc qui a été lavé – avec nos larmes ! – des choses vécues auparavant…
Sans cela, ce “blanc” n’aurait que peu de valeur.

En tout cas, à des années-lumières de la musique “industrielle”.
Un très grand répertoire, à la fois inhabituel, noble et touchant, tout en restant facile d’accès.

Voilà, en somme, tous les éléments qui justifient la place de ce titre sur le podium !

Final Fantasy IX

Lien vers Steam

(Oui, encore une image “fair use”, faute de mieux.)


Faudrait-il encore le présenter ? Il s’agit de la pierre angulaire de la série sous la houlette de son géniteur, Mr. Sakaguchi.

FF9 est l’un des rares jeux (voire œuvres tout court) qui va encore dans “le sens de la vie“, une espèce rare en voie de disparition de nos jours…

Alors même si son langage “jeu vidéo” est bien plus prononcé ici que sur un House in Fata Morgana par exemple, il n’y a rien de rebutant et il se parcourt facilement.



L’aventure est relativement longue la 1ere fois que l’on la découvre, surtout si l’on ne touche pas aux options de confort supplémentaires.
Vous aurez droit, par exemple, à une vitesse accélérée, une aide en combat (quasi impossible de perdre avec), pas de combat aléatoire, etc..

Sans ce genre d’aide, vous en aurez probablement pour +/- 30h de jeu, ramenées aisément à une douzaine d’heures avec ces options, ce qui permet de se concentrer sur le scénario.

Dernier détail, le jeu se joue plus aisément avec une manette, et il est un tout petit peu plus gourmand à faire tourner qu’un visual novel.

Mais FFIX étant sorti il y a déjà vingt ans, cela ne devrait pas poser de grands soucis !

A présent, voilà de quoi vous donner une idée de qu’est FF9.

C’est un monde haut en couleur, de prime abord médiéval-fantastique, et qui démarre avec des fils narratifs classiques.
Un monde dont on se construit énormément de son image grâce aux bulles de dialogues, aux décors et à la musique.

Mais ne vous y méprenez-pas, derrière sa simplicité apparente, se cachent d’autres histoires dont l’envergure ne serait pas à négliger ! Oh que non !

L’aventure est extraordinairement bien écrite et rythmée, le récit est à la fois dense et très digeste dans son approche, et c’est un jeu qu’il serait peut-être même possible de faire avec des enfants…

Un bon prétexte pour parler de certains sujets devenus “sensibles” et que même notre monde dit “d’adultes” tend à dénigrer…

…Pour autant, il n’en n’oublie pas non plus ses fondements, plus spirituels, en remettant les choses dans l’ordre et donnant du sens à ce qu’il propose, et ce avec une humilité naturelle qui fait plaisir à voir.

Car même parmi la crème de la crème, FF9 est l’un des seuls à pouvoir toucher du doigt la sagesse, ce qui lui vaut sa place particulière parmi les légendes.

Along the Edge

Page Steam du jeu

(Image tirée d’un presskit disponible sur le site, ouf !)

Contrairement à FF9, qui était un titre à gros budget, voici un autre petit jeu indépendant sans grande prétention.
Et pourtant, c’est d’une manière ou d’une autre un héritier spirituel à The House in Fata Morgana !
(Rien que pour certains bruitages, lol !)

En revanche, si son modèle était d’origine japonaise, celui-ci est… français ! Il s’agit donc d’un autre visual novel, intitulé cette fois-ci Along the Edge.

Ce qui veut aussi dire du texte à lire, mais rassurez-vous :
Along the Edge, contrairement à THiFM, est bien plus concis dans son écriture et évite soigneusement les écueils de son aîné, qui était parfois assommant dans sa prose.

La durée de vie est également bien plus contenue, le jeu peut se boucler la première fois en une grosse après-midi ou soirée.

Il surpasse même son maître à penser en terme de dynamisme, car Along the Edge n’est pas du tout avare en choix à faire, ce qui donne en plus une re-jouabilité au titre.
On sent également que sa plume est plus légère, plus fluide, et les interactions entre les différents personnages n’en sont que plus naturelles.

En parlant de personnages, le jeu nous propose de suivre les pas de Daphné, qui en est à un tournant dans sa vie…
Mais en plus, un mystérieux héritage l’attend.

Le tout se passe dans la campagne française, et Along the Edge a cette dose d’ésotérisme bien ficelée autour de son fil narratif.
Je ne peux pas vous gâcher la chose en spoilant ici, mais disons – entre autres – que le terme “histoires de famille” n’a jamais été aussi approprié !

Un jeu à découvrir, et qui a bien mérité sa place dans les awards !

Silent Hill 2

Pas de lien cette fois-ci…
Alors une petite curiosité, Silent Hill 2 est lui aussi un jeu nippon.

Partie ajoutée le 05.01.2021


Comment est-il possible d’avoir pu oublier cette œuvre magistrale et des plus singulières..?

Peut-être était-ce parce qu’elle ne correspondait pas d’abord aux critères d’accessibilités de ce top..
..Car Silent Hill 2 était sorti à l’origine sur Playstation 2, en 2001 (!), et n’a profité de quasiment aucune réédition.

Cela complique énormément la tâche d’acquisition du titre, sans compter les soucis techniques pour faire tourner ce vieux titre..
..et sans compter certaines versions du jeu qui diffèrent de l’originale, altérant assez significativement l’expérience.

Mais il faut quand même parler de cette gemme d’une rareté sans égale, et probablement sans réel équivalent nul part ailleurs…


…Silent Hill 2, bien que sombre, est d’un autre acabit, et arrive même à rejoindre – à sa manière – ce “sens de la vie” qui fait cruellement défaut en ces jours.

A bien des égards, il ressemble à The House in Fata Morgana cité plus haut, d’autant plus que SH2 est souvent qualifié de “jeu d’horreur”…

Mais détrompez-vous, ce n’est pas un jeu “d’épouvante” avec des jumpscares débiles et inutiles, non.

C’est en fait une œuvre de psychologie comme il ne s’en est jamais fait, et qui use des codes du jeu vidéo en vogue à l’époque.

Alors certes, ce n’est pas un jeu donné à tout le monde, et encore moins à des enfants, car ses thèmes sont résolument matures et difficiles (au point de pouvoir en fragiliser la psyché).
Les grands adolescents et les adultes sauront mieux en tirer la quintessence.

De par son discours, il rejoint certains des archétypes les plus enfouis de la psyché humaine, et qui pourraient bien dépasser le simple cadre d’une interprétation psychologique…

Avec Silent Hill 2, nous avons là un “remède”, tout du moins un bon sens, à certains logos de nos sociétés “modernes” qui essaient d’instaurer une dissonance entre Masculin et Féminin, en montant des querelles inutiles ou en valorisant l’un plus que l’autre, pour x raison…

Et si THiFM était définitivement plus tourné vers le côté Féminin dans son approche, Silent Hill 2 s’adresse davantage à la part Masculine, laissée en plan.
(Mais il se pourrait que vous ayez besoin de mouchoirs, lol !)

Comme dit précédemment, ce n’est pas un jeu qui plaira à tout le monde, et du fait de son ambiance assez “anxiogène”, il n’ira pas entre toutes les mains, c’est certain.


Alors au final, de ce labyrinthe introspectif et déroutant, il n’y a que deux issues possibles :
Sombrer davantage dans la folie, ou trouver la voie de la guérison…


Pour les personnes qui voudraient tout de même pouvoir toucher au jeu d’une manière ou d’une autre, vous pouvez déjà vous imprégner de son ambiance musicale (voir Section Arts, Music), qui vous mettra dans le bain.


Par la suite, vous pouvez tenter de regarder un “playthrough” ou “walkthrough” entier du jeu, de préférence non commenté. *1
(Il y a beaucoup de détails importants dans les séquences de jeu, et pas juste les cut-scenes et cinématiques.)


A noter également, que Silent Hill 2 dispose de plusieurs fins possibles, changeant quelque peu la perception et l’interprétation finale.
Mais rassurez-vous, toutes les fins (sauf une ou deux) se rejoignent quand même et permettent de saisir le scénario…

*1 Par exemple, cette vidéo

En parlant de cela, il y aura probablement des choses qui demanderont un retour ou plus d’une réflexion, SH2 étant un jeu qui se digère lentement, très lentement. (Des années, peut-être…)

Pour accélérer un peu le processus, voici une interprétation (et bien une parmi d’autres, non pas “LA”), disponible en plusieurs vidéos sur la chaîne Youtube de Reinstall Paul.


Pour les non-anglophones, les sous-titres traduits automatiquement (voir icône d’engrenage) ont l’air d’être suffisamment précis !

Petite mise en garde toutefois, car cette recommandation s’arrête là, càd aux contenus liés à cette série sur Silent Hill.

Il est difficile, en l’état, de recommander l’auteur pour ses autres vidéos… Néanmoins, pour sa série sur Silent Hill, c’est probablement l’un des meilleurs contenus sur la toile à ce sujet, qui débroussaille déjà bien..

(En prenant en compte que son point de vue / certaines limitations transparaissent à divers endroits de cette analyse, aussi.
Bref, on est en droit de ne pas être d’accord sur tout, et c’est à chaque personne de faire sa soupe en fin de compte.)

Voilà pour ce Silent Hill 2, un jeu qui défie lui aussi le temps, et qui a su laisser sa marque. Unique, profond, et introspectif…

Et pour combler les lacunes de la référence citée juste avant, il faudrait relier les points avec d’autres contenus (en vigueur ou à paraître) de la partie “Ressources” du site, et vous aurez un tableau encore plus complet…*2

Et enfin, en ce qui nous concerne ici sur ledgerlines, nous essaierons d’apporter notre pierre à l’édifice, avec un possible futur écrit autour du sujet, mais pas que…

L’ avenir nous le dira, il reste encore deux-trois petites choses avant !

*2 Voir les écrits d’Anton Parks, entres autres.